NOTRE ARTICLE DANS LA REVUE DE SAUMUR VAL DE LOIRE

Dernière mise à jour : mai 21


REVUE DE SAUMUR VAL DE LOIRE

SAUMUR LA NONCHALANTE DU TRANSPORT DE MARCHANDISES À CELUI DE TOURISTES

Un petit tour au large… de la Loire avec Vincent Pocquereau, capitaine emblématique de la Nonchalante, un chaland de Loire qui accueille les visiteurs pour découvrir le fleuve royal. Un choix en air de vacances et aussi parce que le tourisme en Saumurois est un levier économique important.

Entre terre et eau

Longtemps oubliée, la batellerie de Loire renaît actuellement, faisant ainsi revivre le patrimoine et permettant une activité touristique originale et de plus en plus prisée. Pour le patron de la Nonchalante, Vincent Pocquereau, c’est plutôt la terre qui était son milieu en se destinant aux métiers du vin.

Ce Saumurois pur souche : « Florentais » précise-t-il, découvre la batellerie de Loire sur le Louet voisin avec le célébrissime Vent de Travers, la mémoire vivante locale dans le domaine et pilier de la reconquête de la Loire par les toues, sablières et autres fûtreaux. Alors âgé d’une vingtaine d’années, Vincent écoute les conseils de son « maître » : « Il m’a dit que je devrais construire une toue. » A cet âge-là, on n’a pas de sou mais des idées et de l’énergie.

Tronçonneuse en main, un arbre de la forêt de Gizeux devient en 2015 la Jeanne-Louise, du prénom de ses deux premières filles après pas mal d’efforts et d’abnégation. « C’est la réplique exacte des toues de pêche aux saumons. » Vendue quelques années plus tard, elle demeure arrimée à quelques encablures de la Nonchalante.

Six mois sur l’eau et six en troglo

Sa vie professionnelle suit son cours comme caviste à la Maison Bouvet-Ladubay à… Saint-Hilaire-Saint-Florent. Puis il entame une « double vie » entre terre et eau, Saumur Burt et en Loire, œnologie et tourisme. Pas facile de concilier les deux activités ! C’est sans compter sur Patrice et Juliette Monmousseau, PDG et directrice générale de Bouvet-Ladubay : « Ils m’ont donné la chance d’un mi-temps. Six mois sur l’eau et six mois dans les troglo. »

Avec Loire Évasion, créée avec son épouse, les balades sur la Loire se déclinent en évasion simple, œnologique, gastronomique, contemplative au coucher de soleil, festive ou bien encore studieuse en séminaire. L’activité de mars à novembre est en évolution : « L’année dernière a été bonne, celle qui se profile devrait être encore mieux. »

En chiffres

· 9,6 tonnes

· 17 m de long

· 4,5 m de large

· 115 chevaux pour le moteur

· 2 000 l d’essence par saison

· 7 hélices par an du fait du manque de profondeur du fleuve

Préoccupé par l’environnement

Le marinier au look de pirate avec ses tatouages, ses rouflaquettes, sa vareuse et sa carrure n’en n’est pas moins inquiet dans cette carte postale quasi idyllique. « Je suis très préoccupé, cette année encore plus, par la pollution du fleuve. Je n’ai jamais vu autant de cyanobactéries, le regard tourné vers l’eau où les algues ne cessent de passer. J’ai appris qu’un chien était mort, dimanche aux Ponts-de-Cé après s’être baigné dans le Louet, à cause de ça. 25 ans que je navigue et je n’en ai jamais vu autant ! » C’est aussi le sable qui a été trop prélevé et le seuil de Bellevue à Nantes, un enrochement qui a disparu, accentuant le courant et faisant disparaître le peu de sable qu’il reste pour faire apparaître le gravier. Et enfin, c’est le comportement des usagers des berges ou de l’eau de la Loire qui mettrait presque en rage le marinier : « Je suis un éboueur de la Loire. Chaque jour je ramasse des kilos de déchets » confit Vincent Pocquereau alors que juste à côté, un zodiac des pompiers accoste avec plusieurs vélos et cyclomoteurs rouillés et boueux.

Il est temps pour notre homme de larguer les amarres de la Nonchalante, les mains sur la piautre (le gouvernail) pour le plaisir des touristes en route pour des émotions bien ligériennes.

La lourde silhouette de la Nonchalante interpelle le promeneur des quais de Saumur. Au milieu des toues et autres gabarres, le chaland, réplique du XVIIIe siècle en impose. Le bateau a été construit en 2009 en s’inspirant d’une gravure de 1855. Il sera acquis en 2017 par Émilie et Vincent Pocquereau.

La fière embarcation n’est plus dédiée aux transports de marchandises mais à celui de passagers. Jusqu’au milieu du XIX e siècle les chalands descendaient la Loire au gré des courants et la remontaient à la voile carrée, d’où le mat escamotable. Le vent de Galerne comme « propulseur », le rhum, les épices, le sucre et autres denrées « exotique » étaient embarqués à Nantes pour être livrés à Paris uniquement par l’eau. De Nantes, le chaland remontait le Fleuve Royal jusqu’à Orléans, alors véritable nœud fluvial, en passant par Saumur où du vin pouvait être chargé. Ensuite, passage par le canal d’Orléans, le Loing, le canal de Briard puis la Seine et déchargement au cœur de la Capitale, quai de Bercy. L’arrivée du chemin de fer dans les années 1850 cause la fin du transport fluvial.


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