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Presse Magazine "Voyage à l'Ouest" nov 2023

Dernière mise à jour : 13 déc. 2023

Ces dernières années ont fait émerger une véritable culture du fleuve en Anjou. La Loire est aujourd'hui au coeur de nombreux projets, alors quoi de mieux que d'y naviguer pour en saisir toute sa beauté et sa fragilité.






"Nous sommes à bord d'une toue sablière, qui servait autrefois à extraire, charger et transporter le sable. C'est une réplique du XVIII siècle créée sur plan. Ces embarcations sont très difficile à restaurer, car il n'y en a plus." Emilie Pocquereau a prit la barre du Mademoiselle à Saumur pour une balade d'une heure sur la Loire.

lLa gabare traditionnelle à font plat a été pensée avec une coque en acier pour affronter l'époque. Vincent Pocquereau, le teint hâlé, est monté sur le toit pour vérifier le niveau d'eau et donner le cap. Trente-cinq centimètres suffisent pour naviguer. "Chaque année, on casse une trentaine d'hélices", se désole Emilie Pocquereau. L'autre marqueur du faible niveau d'eau, ce sont ces arbres dont les racines sont à l'air libre et rappellent les mangroves des zones tropicales.

Ce jour-là, une trentaine de personnes ont embarqué


sur la toue, direction Villebernier. Vincent et Emilie Pocquereau, à la tête de Loire Evasion, disposent de six embarcations : deux ont été aménagées en gîtes, un taxi-boat sert de navette, un bar tapas L'Offard complète la collection, ainsi que La Nonchalante, un chaland de Loire sur lequel touristes et locaux naviguent aussi. "Ce bateau transportait des marcha,dises autrefois, comme du vin, du chanvre, du tuffeau, mais aussi des produits du Nouveau monde : rhum, cacao, épices... La Loire était un axe de communication majeur", reprend la guide. Réplique exacte des chalands de Loire du XVIII siècle, il est labellisé bateau d'intérêt patrimonial.

Retour sur Mademoiselle. Au loin pointe la chapelle Notre Dame des Ardilliers, ancien couvent du XVIe entouré d'une légende. "On raconte qu'au Moyen-Age, un paysan cultivant sa terre aurait trouvé ici une pietà, une statue de la Vierge Marie portant le Christ mourant dans ses bras". commente Manon Ollive.

Quelques jours plus tard, à cet emplacement, il aurait découvert une source de jouvence, qui va faire de Saumur, un haut-lieu de pèlerinage au XVe siècle. "Marie de Médicis en personne aurait gouté l'eau de Saumur", assure la jeune guide. Notre-Dame des Ardilliers à été bombardé durant la Seconde Guerre mondiale : la source s'est tarie, mais la statuette est toujours présentée dans la chapelle du couvent commandé par la reine de France pour relancer la religion catholique à Saumur. "C'était la plus grande coupole de France jusqu'à ce que les Invalides à Paris soient construits."


Place à la contemplation de la nature, une coupe de crémant de Loire entre les doigts. La toue entre dans une zone classée Natura 2000. Des cygnes et des grands cormorans se dévoilent. "Ils doivent faire sécher leurs ailes au soleil, car leur plumage n'est pas imperméable", souffle-t-on sur le bateau. Des hirondelles de rivage, des aigrettes se laissent aussi photographier. L'animal qu'on ne verra pas, c'est le castor. "Il sort plutôt en soirée ou la nuit." Mais le paysage porte sa trace et c'est une bonne nouvelle; car l'espèce avait quasiment disparu des berges. "Je ne me lasse pas de cette balade, souffle Jacky Penard, ancien commerçant saumurois venu avec son petit-fils, Augustin, 8 ans. C'est toujours agréable quelque soit la saison. On voit la Loire différemment quand on est dessus". Un paysage de carte postale, il est vrai.



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