La Mademoiselle, une fille de la Loire




On en parle

La Mademoiselle est arrivée à quai à Saumur

La capitaine Émilie Pocquereau a piloté sa toue sablière construite à Nevers, hier dans l’étape Tours-Saumur. L’embarcation traditionnelle devait proposer dès ce samedi, ses premières balades et traversées gourmandes. Le confinement a tout bouleversé. Le bateau transportera 14 personnes, avec son espace cuisine et des sorties jusqu’à Montsoreau, « pour faire revivre l’Histoire le long de la Loire ».


La Mademoiselle enfin arrivée à bon port

Partie de Nevers, la toue sablière a fait une épopée sur la Loire de dix jours, avant d’atteindre Saumur jeudi.


La Mademoiselle, une fille de la Loire

La toue sablière est arrivée à Saumur, après un périple de plus d’une semaine depuis Nevers.

REPORTAGE

Devant l’embarcation, un groupe de cygnes prend son envol… Dans la nouvelle toue sablière la Mademoiselle, les trois hommes sur la proue – paradoxe du genre- observent le manège des volatiles.

Ils n’en finissent pas de s’extasier sur la beauté de la nature. Après les cygnes, place aux sternes, hirondelles de rivage et balbuzards pêcheurs…

Les sept hommes d’équipage prennent le temps d’apprécier la faune et la flore d’un fleuve aussi sauvage que Royal. Depuis le 30 mars, ils naviguent sur les eaux depuis Nevers jusqu’à l’arrivée à Saumur. Jeudi 8 avril, c’était la dernière étape entre Tours et Saumur. 36 heures de navigation en tout… et une escale imprévue de plusieurs jours à Dampierre-sur-Loire, où La Mademoiselle est restée bloquée.

Jean-Marc Benoît, le constructeur nivernais du bateau, et le Saumurois Vincent Pocquereau ont dû créer une remorque en urgence pour l’embarcation, sans quoi elle ne passait pas le barrage de la centrale Nucléaire. Une fois partis, ils ont été accueillis à Blois par des flocons de neige.

Au départ de Tours, le parcours était plus tranquille. « La première fois que j’ai descendu la Loire, c’était en radeau en 1991, raconte Jean-Marc Benoît. Depuis j’y retourne tous les trois ans. » Inutile de préciser qu’il connaît parfaitement les pièges du fleuve. Il sait même dire à quels endroits ont coulé des bateaux !

Une toue sablière faite de bois et d’acier

C’est lui qui a construit cette toue sablière avec l’aide de David Pasquiet. Tout en acier, « pour éviter la pourriture du bois », précise Vincent Pocquereau, le mari de la nouvelle capitaine. La construction a pris un mois et demi de retard à cause du confinement, les matériaux n’arrivant pas à temps. Seul l’habillage est en bois. Et le bateau, de 15 mètres de long, fend les flots de cette Loire « façonnée par l’Homme », Comme le rappellent les mariniers dès qu’ils aperçoivent des preuves de passage humain.

Chaque élément traversé est prétexte à raconter des anecdotes et souvenirs. Ça permet de faire découvrir le territoire à Sylvain Arnoult, un pêcheur de Muides-sur-Loire qui les a rejoints à bord. D’abord, le pont Napoléon, à Tours, puis le passage devant Saint-Cyr-sur-Loire, qui fera dire à Denis Rambault, le comique de la troupe, « qu’on sort enfin de Saint-Cyr ».

« Nous, les mariniers, on essaie de mettre de la poésie dans tout ce qu’on fait. Regardez, la Loire, n’est-elle pas une invitation à rêver ? » Quelques kilomètres plus tard, c’est le pont de Langeais, « un des plus beaux de la Loire », estime-t-il. C’est là que le bateau se transformera temporairement en taxi : une de leur connaissance montera à bord à Langeais puis descendra quelques Kilomètres en contrebas, à Bréhémont.

« Il a eu besoin de neuf mois de gestation »

Le dernier arrêt se fera à Montsoreau. Cette fois, c’est Émilie Pocquereau qui rejoint l’équipe. La Mademoiselle, c’est son « bébé », comme elle le dit elle-même. « Faites le calcul : je l’ai commandé début septembre, je l’ai en avril, il a eu besoin de neuf mois de gestation », sourit-elle.

Cette croisière était son baptême du feu, La toue sablière est destinée à faire des balades le long de la Loire. « De Saumur à Montsoreau », précise la capitaine. « Avec possibilité de faire des sorties œnologiques et de manger à bord : il peut y avoir un chef sur le bateau, puisqu’il y aura un espace cuisine. » La Mademoiselle devait être inaugurée ce samedi 10 Avril ; le confinement a repoussé les projets d’Émilie Pocquereau. Mais cela n’a pas entamé sa destination : les premières sorties sont prévues dès la fin du confinement.

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