Sur le qui-vive face à la montée de la Loire


Sur le qui-vive avec la crue

Monté à 4,41 m au pont Cessart à Saumur vendredi, le niveau de la Loire était en baisse hier. Mais les prévisions ne semblent pas se confirmer et les riverains restent vigilants.

Mariniers, restaurateurs flottants, hébergeurs sur l’eau, personnel d’astreinte, pompiers, forces de l’ordre… Les Ligériens sont sur le qui-vive et patrouillent plus que jamais en ce moment alors que la Loire reste à un niveau haut. Les habitants aussi ont fait des berges de la Loire la destination de leur promenade.

Un trou dans la coque pour stabiliser le bateau

« Lorsqu’on a mis La Nonchalante en cale sèche sur des palettes à la base nautique de Saint-Hilaire-Saint-Florent, on ne pensait pas que ça monterait comme ça », admet Vincent Pocquereau, marinier et patron de l’entreprise Loire Évasion. Mais ça, c’était le mois dernier et depuis quelques jours, il a les yeux rivés sur l’applicationvigicrues alors que les eaux du Thouet et de la Loire se sont rejointes sur la plaine du Breil.

« Jeudi Soir, avec l’actualisation des prévisions vers 23 heures, on a vu que le bateau allait être levé de ses supports par la montée de l’eau. On s’est précipité pour aller à la base nautique et on a décidé de faire un trou dans le bateau et ainsi le faire redescendre sur ses supports ».

Cette technique est couramment appliquée en Loire. Il suffit de reboucher ensuite en insérant une cheville conique par en dessous. La mise en pratique s’est révélée une autre histoire pour Vincent Pocquereau. Aidé d’un ami, il s’est mis à l’eau en pleine nuit avec des cuissardes pour atteindre le bateau avec de l’eau jusqu’à la poitrine. À l’aide d’une perceuse, ils ont fait le trou et aussitôt l’eau a jailli.

« Quand on est monté dedans, on sentait bien qu’il ne demandait qu’à partir. Depuis le bateau s’est stabilisé en redescendant. Il ne faudrait pas que la crue remonte beaucoup pour ne pas le submerger complètement », implore le marinier qui prédit pourtant que « les cinq mètres pourraient être atteints cet hiver ».

Fourneaux à l’arrêt sur les quais

Pour le restaurant sur les quais, la montée du niveau de l’eau a été synonyme d’un nouvel arrêt des fourneaux. À l’approche de la saint-Valentin, l’équipe de Catherine Roëls-Flament avait rallumé les feux, le samedi 30 janviers 2021, pour des livraisons à domicile.

« C’était bien reparti mais on a tout annulé avec la montée de la Loire. On ne peut plus accéder aux cuisines alors que les passerelles sont dans l’eau. Je ne suis pas inquiète pour le bateau car il y a eu beaucoup d’études et l’installation est prévue pour une crue encore plus élevée. Ce qui serait embêtant, ce serait d’avoir des troncs qui restent bloqués dessous au moment de la décrue. C’est la première crue pour le bateau alors que nous sommes installés depuis juin 2019. J’y vais tous les jours pour vérifier », confie-t-elle au téléphone depuis les bords du fleuve.

Passer du temps à surveiller les yoyos de la Loire est l’occupation principale de tous les propriétaires de bateau. Encore plus en ce moment où la poussé du courant très forte peut encore être accentuée par les troncs charriés par la crue.

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