Marine de Loire - Cap sur Orléans




Marine de Loire : cap sur Orléans

Huit bateaux ont quitté le port de Montsoreau lundi pour rallier le Festival de Loire… par la route !

Montsoreau, sur le port, lundi matin.L’heure du transbordement a sonné pour les mariniers de Loire et leurs bateaux traditionnels. Direction Orléans par la route. Au retour le 29 septembre, il faudra procéder à l’opération dans l’autre sens.

Vincent Pocquereau a supervisé le départ de sa Nonchalante.

Ils sont venus par l’eau, sont montés en l’air et ont pris la route. Jean-Louis, chauffeur de convoi exceptionnel pour Altéad, livre les clefs de ce mystère : « Nous avons quitté notre dépôt de la Rochelle ce matin. On a récupéré les camions. Un petit café vite fait en arrivant à Montsoreau. Et nous voilà pour le chargement. Tout s’est bien passé. J’attends une voiture pilote et après on y va. »

Un bateau chinois attendu sur le quai Châtelet

Le convoi a fière allure. Chacun dispose de sa voiture pilote. Les propriétaires des bateaux suivent dans leur camionnette avec les yeux de chimène. D’autres, comme le sculpteur Christophe Allier, venu avec Lechapot du Thoureil depuis qu’il a quitté Turquant, ont mis leur bateau plus modeste sur une remorque et un 4X4 sert de tracteur. Ils mettront moins de temps. Du coup, ils sont partis les derniers.

Dans le brouillard épais qui masquait le fleuve et les quais, ils ont attendu leur tour et ont mis à profit le ciel bleu qui perçait doucement. De l’autre côté de la levée, dans sa cuisine au Diane de Méridor, François faisait dorer les premiers cèpes achetés le matin chez une petite dame de Bourgueil. Il flottait une odeur délicieuse. Celle du Bonheur.Ce bonheur, cet art de vivre bien de chez nous, est bien celui des bords de Loire. Celui des bateliers qui cajolent leur embarcation. Au point qu’ils hésitent à lui faire prendre la route de peur d’abîmer. Parmi les bateliers, le rendez-vous d’Orléans ne fait pas l’unanimité. Trop superflu avec cette vogue des bateaux traditionnels.

Vent d’Travers, mataf émérite à Saumur, préfère en rigoler. Son fils spirituel, Vincent Pocquereau, fidèle marsouin, voit les choses d’un œil plus moderne. Ce sera son 3e festival d’Orléans cette année. Deux avec sa Jeanne-Louise et celui-là sur le pont de la Nonchalante, gabare (chaland) de 9 tonnes rachetée au vieux loup de Loire Philippe DESPERT. Philippe avait déjà emmené la Nonchalante faire son festival. La gabare est donc une vielle connaissance de l’Orléanesque quai Châtelet, près du pont Georges V, en quasi-centre-ville.

Vincent Pocquereau est pressé d’y balader les curieux à Orléans dès lors qu’ils auront acquitté le ticket de sortie à 7€. Vareuse au corps et casquette visée à la tête, le marinier dit avoir promené à Saumur cet été nombre de touristes : « Je suis très satisfait de ma première saison sur la Nonchalante. Contrairement à la Loire, elle a été très remplie. »

Il situe l’événement : « Partir au Festival de Loire qui a lieu tous les deux ans, c’est une chance. Ça commence mercredi (N.D.L.R : aujourd’hui) et ça dure jusqu’à dimanche. C’est le plus gros rassemblement européen de bateaux traditionnel chinois est même arrivé là-bas… il ressemblait à nos toues cabanées. » En l’occurrence, ce bateau traditionnel a été offert à Orléans par la ville chinoise de Yangzou. Il a été mis à l’eau ce lundi à Orléans.

Une 8e édition à vivre au cœur de la ville

Du 20 au 24 septembre, les quais de Loire seront en fête à Orléans en plein centre-ville. Le quai Châtelet accueille des bateaux traditionnels à l’occasion du 8e Festival de Loire. Ce festival de Loire accueille les visiteurs de 10 heures à minuit aujourd’hui et jeudi 21 septembre. De 10 heures à 1 heure vendredi 22 de samedi 23 septembre. Et de 10 heures à 19 heures ce dimanche 24 septembre pour la clôture.


Batellerie. La Nonchalante ira au festival d’Orléans en septembre

Vincent Pocquereau sur La Nonchalante

Tous les deux ans, Orléans voit défiler le gratin de la batellerie de Loire traditionnelle. Un Saumurois s’y rendra.

Chez son père spirituel Jacques Robin, 81 ans, dit Vent d’Travers, Vincent Pocquereau prend des forces avant de se rendre au festival phare de la marine sur Loire à Orléans du 19 au 24 septembre. Natif d’Amboise, arrivé à 18 mois rue Daint-Nicolas où son père avait acheté une cordonnerie, Jacques, dès qu’il avait le temps, allait rue de la Fidélité, descendait au cinéma Palace et se donnait à la pêche : « La cales Fardeau, c’était mon coin. Mon père avait ses bateaux-là. » Orléans ? Un truc de pieds-nickelés selon lui. Rien à faire par-là ! Vent d’Travers est plus occupé à réparer son moteur Volvo Penta à Saint-Hilaire-Saint-Florent. Vincent, lui, fera le voyage « Pour faire des balades sur place. Ma saison à Saumur a bien marché. C’était ma première à mon compte sur La Nonchalante » (la superbe gabare qu’il a racheté au marinier Philippe DESPERT). Il sera le seul de Saumur. Orléans, c’est juste le plus gros festival de batellerie traditionnelle en Europe. Le thème est « la Pologne » cette année. La Nonchalante sera conduite par Vincent de son ponton sur l’île d’Offard jusqu’à la cale de Montsoreau pour être grutée sur une remorque de camion le lundi 18. Elle rejoindra Orléans par la route en convoi exceptionnel. Pareil pour son retour au port et « ça sera la dernière année que je participe car comme dit Jacques, les bateaux, ils souffrent. J’ai commandé exprès une remorque sur coussin d’air. » Car comme dit Jacques : « Il faut être exigeant ! »

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